Cancer du pancréas

 
   

Qu'est-ce que le cancer du pancréas ?
Le cancer du pancréas est une tumeur maligne dont on ignore les causes exactes. Des études semblent montrer une association avec la pancréatite chronique et le tabagisme.
Le plus souvent cette tumeur se développe dans la tête du pancréas. En grandissant elle a tendance à obstruer les voies biliaires, empêchant l’écoulement de la bile dans le duodénum. Les pigments biliaires s’accumulent dans l’organisme et provoquent une coloration jaunâtre des tissus qu’on voit le mieux au niveau du blanc de l’œil. Les urines deviennent foncées et les selles prennent une couleur blanchâtre. Les pigments biliaires causent aussi des démangeaisons au niveau de la peau.
Une tumeur dans la tête du pancréas peut également bloquer le canal pancréatique, empêchant ainsi les enzymes digestives qui sont produites dans le pancréas d'atteindre les intestins. Ceci mène à une mauvaise digestion et à une perte de poids. Un diabète peut être un des premiers signes d’un cancer du pancréas. Il peut aussi n’apparaître que par la suite du diagnostic, lorsque le cancer envahit peu à peu le pancréas, ou après une intervention chirurgicale sur le pancréas. Le plus souvent, le cancer provient des cellules qui forment le canal pancréatique. Elle se développe le plus souvent chez des patients âgés de 60 ans et plus. Toutefois, dans de rares cas, des personnes plus jeunes peuvent aussi en être affectées.

Types de tumeurs
Le pancréas a deux fonctions principales, remplies par des cellules distinctes. La partie endocrine produit des hormones qui sont déversées directement dans le sang. La partie exocrine concerne les cellules se chargeant de la production des enzymes digestives que le pancréas déverse dans le duodénum. Chaque type de cellule peut donner lieu à un type différent de tumeur.

Classification et origine des divers types de tumeurs du pancréas :

 
Tissu d'origine Type de tumeur Comportement biologique
   
gutartig
gutartig oder bösartig
bösartig
Cellules exocrines Adénocarcinome ductulaire
X
  Cystadénome séreux
X
 

Cystadénocarcinome séreux

X
  Cystadénome mucineux
X
 

Adénome séreux microcystique

X
  Carcinome des cellules acinaires
X
 

Tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse

X
  Tumeur neuro-endocrine
X
   
Cellules endocrines Insulinome
X
  Gastrinome
X
  Glucagonome
X
  Vipome
X
  Nesidioblastose
X

Il existe en plus des types très rares de tumeurs que nous n’énumérons pas ici.
L’adénocarcinome ductulaire représente, avec 80 % des cas, la tumeur du pancréas la plus fréquente. Le type de cellules exact à l’origine de ce cancer reste encore sujet de controverse de la communauté scientifique.

En plus de la classification des tumeurs selon le tissu d’origine et le type, la loca-lisation joue un rôle important au niveau clinique. On distingue les localisations suivantes:
- Tête du pancréas
-
Corps du pancréas
-
Queue du pancréas

De nouvelles découvertes effectuées au cours des années précédentes permettent un diagnostic très différencié des divers types de tumeurs. On sait par exemple que les tumeurs malignes présentent un comportement biologique varié qu’il faut connaître, lorsqu’il s’agit de définir le meilleur traitement.
Ainsi on doit si possible tendre à une résection chirurgicale pour toutes les formes de tumeurs malignes du pancréas.

L’analyse histologique, le stade et le type de tumeur ainsi que l’état général du patient seront à prendre en compte pour décider si une chimiothérapie, une radiothérapie ou une combinaison des deux est nécessaire par la suite. Pour évaluer et améliorer constamment les concepts thérapeutiques actuels, des patients sont, dans le cadre de leur traitement, inclus dans des protocoles d’études. Le centre bernois du pancréas participe également à l’amélioration des traitements en collaborant à des études internationales.

Développement
La recherche scientifique a pu, grâce aux progrès de la biologie moléculaire au cours des dernières années, identifier différents mécanismes expliquant le développement du cancer du pancréas. La croissance des cellules cancéreuses est influencée entre autres par des mutations génétiques. Ce sont des gènes le plus souvent impliqués dans la régulation de la croissance et de la mort des cellules, appelée apoptose qui sont concernés. Les cellules touchées par ces mutations se multiplient plus vite que les cellules saines, ce qui leur confère vraisemblablement leur résistance aux chimiothérapies et aux radiothérapies. C’est en étudiant les caractéristiques des cellules cancéreuses et en les comparant aux cellules normales qu’il sera possible de trouver et de développer de nouveaux axes thérapeutiques.

Symptômes
Le cancer du pancréas ne présente aucun symptôme caractéristique au début de la maladie. Les symptômes rencontrés vont d’une diminution de l’état général à une diminution de l’appétit, accompagnée d’une perte pondérale. Des douleurs diffuses localisées dans l’abdomen supérieur peuvent suivre, avec une irradiation dans le dos progressive avec l’avancement du cancer.
Les tumeurs localisées dans la tête du pancréas peuvent perturber l'écoulement de la bile. On observe alors une colo-ration jaunâtre des tissus, appelée ictère. Les urines deviennent foncées, les selles claires et des démangeaisons peuvent apparaître. La présence simultanée de douleurs et de fièvre doit être interprétée comme un signe clair de danger et les patients devraient chercher une assistance médicale. Une première manifestation de diabète est un autre signe pouvant indiquer un cancer du pancréas.

Causes
Les causes exactes du cancer du pancréas demeurent inconnues. Le seul facteur de risque clairement établi est le tabagisme. On n’a montré aucun lien entre le cancer du pancréas et certaines habitudes alimentaires comme la consommation excessive de café ou un penchant pour les repas gras. Un lien existe avec l’abus d’alcool par l’intermédiaire de la pancréatite chronique, mais une influence directe n’a pas été démontrée. Les patients souffrant d’une pancréatite chronique ont un risque clairement augmenté de développer un cancer du pancréas.

Reconnaissance précoce du cancer du pancréas
Il est malheureusement rare à l’heure actuelle de détecter un cancer du pancréas à un stade précoce. Des recherches dans le domaine de la biologie moléculaire sont cependant en cours, avec pour but de développer des nouvelles techniques diagnostiques.

 

Traitement
La chirurgie, c’est-à-dire l’ablation complète de la tumeur, est le seul traitement qui donne une chance de guérison.

En effet, on sait que si le cancer a déjà envahi d’autres organes (foie, poumons) ou si des vaisseaux sanguins importants sont touchés, une opération n’est pas profitable au patient. Si la tumeur a déjà envahi les vaisseaux sanguins environnants, une résection complète n’est souvent plus possible. L’expérience accumulée jusqu’à aujourd’hui montre que seuls 15 à 20 % des patients atteints de cancer du pancréas sont des candidats à une résection chirurgicale complète de la tumeur. Au moment du diagnostic, la plupart des patients sont à un stade trop avancé de la maladie et la chirurgie n’est plus possible.

Chimiothérapie et radiothérapie
L’utilité de la radiothérapie seule ou en combinaison avec une chimiothérapie a été évaluée de manière intensive ces dernières années dans le traitement du cancer du pancréas. Des résultats récents existent, mais sont encore quelque peu contradictoires. Il a été par exemple démontré qu’une chimiothérapie adéquate a son rôle dans le cancer du pancréas. Il existe différentes substances actives, uti-lisées aussi en combinaison, qui sont cependant encore évaluées dans le cadre d’études cliniques. L’efficacité de la radiothérapie n’est, selon des données collectées principalement en Europe, pas établie. C’est pourquoi on ne l’applique quasiment plus en Europe. Il est cependant de notre devoir de mentionner que certains centres pour le traitement des tumeurs aux Etats-Unis continuent de le faire avec des résultats concluants. Des radiothérapies combinées avec une chimiothérapie sont proposées avant ou après une opération de résection du cancer du pancréas.

Chances de guérison
Les opérations du pancréas ont atteint un niveau élevé de sécurité ces dernières années. Malgré cela, seule une minorité de patients chez qui on a enlevé une tumeur maligne du pancréas vivent encore cinq ans après l’opération. Lorsque le stade du cancer ne permet plus une résection chirurgicale, les patients ne survivent que rarement plus d’un an. Les recherches intensives dans ce domaine laissent espérer à l’avenir une amélioration substantielle de cette situation. On doit en particulier mentionner le développement de nouvelles substances utilisées pour les chimiothérapies. L’étude des modifications moléculaires et biologiques dues au cancer du pancréas permettra une compréhension plus précise de la formation des tumeurs. Cette connaissance formera la base pour une thérapie génique du cancer du pancréas.

Suivi postopératoire
Les patients devraient être suivis régulièrement après une opération du pancréas. Ces contrôles se composent d’examens cliniques, de laboratoire et radiologiques (échographie, scanner, IRM). La mise en place du suivi se fait en collaboration avec les médecins traitants. Un traitement supplémentaire au moyen, par exemple, d’une chimiothérapie est souvent effectué dans le cadre d’études cliniques. Son organisation est individuelle pour chaque patient et se fait en collaboration avec le chirurgien, l’oncologue et le médecin traitant.

Une partie de mon pancréas a été enlevée – que va-t-il se passer ?
Après chirurgie du pancréas, la fonction est diminuée dans une mesure proportionnelle à la quantité de tissu enlevé. Les insuffisances suivantes peuvent survenir :
• manque d'enzymes pancréatiques induisant des désordres digestifs
• production insuffisante d'insuline pouvant être à l’origine d’un diabète.
Ces insuffisances peuvent être traitées par des médicaments appropriés.

Substitution d'enzymes pancréatiques
Il existe aujourd’hui des médicaments modernes et efficaces sur le marché, qui contiennent des substances pour remplacer les enzymes pancréatiques de la digestion. Ces préparations d’enzymes doivent être prises à tous les repas principaux, mais aussi aux repas intermédiaires riches en graisses et en protéines. Le dosage en est individuel et peut être adapté en fonction du genre de nourri-ture, mais aussi des troubles dont souffre le patient. L’essentiel est de faire disparaître les ballonnements et les diarrhées grasses et malodorantes. Généralement 2 à 3 capsules aux repas principaux et 1 à 2 capsules aux repas intermédiaires suffisent. Il est important que les enzymes viennent en contact avec la nourriture ingérée. C’est ainsi seulement qu’elles déploient leur effet. Un patient nécessitera entre 6 et 12 capsules par jour, mais, selon la fonction résiduelle du pancréas, le nombre de capsules nécessitées peuvent être significativement moindres ou supérieurs. Ces préparations d’enzymes (par exemple Creon® 25’000 ou Creon® 10'000) sont très bien supportées et sont quasiment exemptes d’effets secondaires. Des réactions allergiques surviennent très rarement.

Substitution en insuline
Une maladie ou une opération du pan- créas peuvent avoir pour conséquence un niveau élevé de sucre dans le sang, autrement dit un diabète. Il est dans ces cas nécessaire de suivre un traitement de régulation du sucre dans le sang. Au début, et si les valeurs de sucre dans le sang ne sont pas très élevées, une adaptation du régime alimentaire et la prise de médicaments par voie orale suffisent. Après une résection étendue du pancréas, un traitement à l’insuline peut être indiqué. Il existe différents types d’insuline aujourd’hui, d’origine animale ou synthétisée par génie génétique. Ils sont généralement identiques à l’insuline humaine. Tous les types d’insuline doivent être injectés. La variété des différents types d’insuline permet d’établir un traitement individualisé, qui peut aussi tenir compte des habitudes alimentaires. Le but du traitement sera d’une part le bien-être individuel et d’autre part une bonne régulation de la glycémie, le taux de sucre dans le sang. Il est ainsi possible d’éviter des conséquences dommageables graves. En règle générale, ce traitement nécessite suivi régulier par le médecin traitant ou un spécialiste en endocrinologie/diabétologie.

Ma rate a été enlevée – que va-t-il se passer ?
Au cours d’une opération du pancréas il peut arriver que l’ablation de la rate soit nécessaire. La rate n’est pas un organe vital, elle a cependant certaines fonctions immunitaires dans la défense contre certaines infections bactériennes. C’est pourquoi un vaccin contre certaines bactéries est recommandé tous les trois à cinq ans. En cas de fièvre ou de signes d’infection le patient à qui on a enlevé la rate doit chercher un avis médical et informer les médecins qu’il n’a plus de rate. Un traitement antibiotique peut être nécessaire.
Après ablation de la rate on observe une élévation des plaquettes dans le sang. Celles-ci se normalisent généralement spontanément, il est tout de même indiqué de contrôler les plaquettes régulièrement. En effet, un niveau trop élevé peut favoriser les thromboses, ce qui peut être prévenu avec un médicament.